"Trissotin ou les femmes savantes" : Macha Makeïeff féminise Molière

Article créé le 10/07/2019


Molière n’a jamais été autant modernisé. Transposition. Philaminte, Bélise et Armande ont décidé de ne plus écouter les dires de Chrysale, l’homme de la famille. Elles préfèrent s’en remettre au truculent Trissotin. Estimer la science. Fuir l’ennui d’un morne quotidien. Raison du cœur.
Le décor nous rappelle la douceur des années 1970. Platine vinyle, fauteuils inspirés par Pierre Paulin… Les costumes colorés soulignent la folie du trio féminin. La rivalité apparaît instantanément entre les sœurs, Armande et Henriette. Elles sont drôles à souhait. Chaque mouvement participe au comique de répétition. Nous les observons avec bonheur. Querelle amoureuse. Le séduisant Clitandre se retrouve bien malgré lui happé par ces sentiments très distingués. Ancienne conquête d’Armande. Amant d’Henriette.
Chrysale ne cesse de nous faire rire. Contre son gré. Il ne possède aucune autorité. Henriette obtient son divin accord quant au futur mariage avec Clitandre. L’existence est pourtant semée d’embûches. Philaminte, mère originale et captivée par l’intelligence de Trissotin, promet à son protégé la main de sa fille cadette. Chrysale ne prononce aucun mot. Son épouse est dotée d’un indomptable caractère.
Bélise, tante fantasque, croit assurément que Clitandre n’a qu’une seule passion. Elle-même. Alors elle chante telle une cantatrice. Puissante voix !
Scène d’anthologie. Philaminte, Bélise et Armande sortent fièrement de leur cabinet d’expérimentation. Elles sont ébahies par leurs inutiles découvertes. Extase.
Puis Trissotin entre sur le plateau. Tel un célèbre styliste. Nous sommes bien loin des codes vestimentaires et moraux du XVIIème siècle. Un vent d’air nouveau souffle.Philaminte déroule son tapis de yoga. La séance avec le professeur peut commencer. Sonnet. Épigramme. Instruction. Lumière tamisée. Musique relaxante. À en perdre son latin.
Le public laisse exploser sa joie. Trissotin, éternel profiteur. Issue connue de tous.
Henriette échappe alors à l’impitoyable trompeur. Clitandre l’attend. Armande est jalousement désespérée. Éclairs.
La mise en scène de Macha Makeïeff est incroyablement festive. Éblouissants protagonistes.
Marie-Armelle Deguy est une extraordinaire Philaminte. Vincent Winterhalter campe merveilleusement ce Chrysale perdu et éperdu. Souvenir d’une brève danse. Caroline Espargilière et Vanessa Fonte excellent dans les rôles d’Armande et d’Henriette. Anna Steiger est une remarquable Bélise !
Enivrant spectacle !
Marion Allard-Latour






Publié par: Sabine et Xavier Campion

Date de dernière modification de cette page: 10/07/2019


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