Poncé : le café associatif a fait débat

Publié par le 3 mars 2019 1 Commentaire

Samedi 2 mars, le café Saint-Julien à Poncé avait retrouvé une nouvelle vie : il est probable qu’il n’avait jamais connu pareille affluence ! La réunion, dont l’initiative était due à Marie Castel Sehic et à une poignée de bénévoles très motivés, avait pour objectif d’adopter une formule permettant de donner un second souffle à la structure. Parmi l’assistance, on notait la présence de Galiène Cohu, maire de Loir-en-Vallée, de Guy de Malherbe, maire délégué de Poncé,  de Shelly de Vito, co-directrice des Moulins de Paillard, de plusieurs membres du conseil municipal et de Sandra Vallon, la jeune maraîchère bio de Ruillé qui a su donner rapidement à son exploitation le caractère d’un lieu de rencontre incontournable.

 Idéalement installé sur une place desservie par la route touristique de la vallée du Loir, au pied de l’église à fresques, à quelques mètres du château, non loin du Centre d’art contemporain et des ateliers des artisans d’art, ce café-épicerie a fermé ses portes, il y a quelques mois, la boulangerie devenant ainsi le seul commerce du village. Pour la municipalité ainsi que pour la population, il semble indispensable que Poncé, commune touristique, puisse offrir à ses visiteurs comme à ses habitants un espace de rencontre et de convivialité.

L’idée d’un bar associatif, est une formule qui se répand de plus en plus dans les quartiers ou les banlieues des métropoles de même que dans les zones rurales (à lui seul, le département de la Creuse compte 42 initiatives de ce type). Ce genre d’établissement permet d’assurer le maintien d’un lieu de vie là où la formule commerciale a échoué. Il ne faut pas oublier que les rares commerces traditionnels qui perdurent dans les villages, ne le font que grâce au concours de la collectivité sur laquelle ils sont installés. Si l’on veut que la ruralité demeure attirante, il faut savoir s’adapter à une situation inédite et imaginer de nouvelles manières de répondre aux besoins de la population. C’est donc à juste titre que Marie Castel Sehic et ses amis , après avoir étudié les diverses expériences proches ( Lancé, Lande le Gaulois, Chemillé, Jupilles, etc.), ont choisi de proposer la création d’un café associatif qui devrait commencer son activité pour la saison (fin mai, début juin).

Pour ouvrir le débat, Guy de Malherbe a souligné que rien n’était décidé, qu’après deux ou trois offres de reprise demeurées sans suite, il avait reçu une nouvelle proposition d’un commerçant. Le cadre était donc clairement posé ; néanmoins lorsque Marie a tenté d’exposer le projet, elle a été immédiatement interrompue par des questions souvent étrangères au débat et masquant la portée du projet, ce qui est tout à fait dommageable, tant du point de vue de la démocratie que de celui de l’efficacité.

Pourquoi un café associatif ?

Contrairement à un établissement commercial, le café associatif n’a pas pour objet de rémunérer des salariés non plus que de faire des bénéfices. Dans un certain nombre de cas, il associe une équipe de bénévoles, indispensable et une municipalité qui désire apporter un service à sa population. Ce type d’exploitation est encadré légalement. Le café est fréquenté par des adhérents qui acquittent une cotisation modique chaque année. Si celui-ci est amené à acquitter certaines charges d’exploitation, le coût de ses prestations demeure moins élevé que dans un modèle économique commercial,  ce qui lui assure une fréquentation plus importante et plus variée  où toutes les générations peuvent être représentées. De surcroît, il peut organiser différentes animations gratuites ou à  petit prix . Il contribue par conséquent à retisser le lien social dans le village et dans ses environs et à attirer vers celui-ci les touristes de passage comme les habitants des localités voisines. Les cafés associatifs  doivent  craindre aucune concurrence entre eux puisque tout village possède son identité comme ses traditions et que chaque équipe animatrice est donc différente. C’est donc une véritable chance lorsqu’il existe dans une commune des personnes suffisamment motivées pour porter un tel projet.

Que l’on réside en ville ou à la campagne, l’évolution va de pair avec la marche du monde ; il faut faire preuve à la fois  d’imagination et de réalisme afin de ne conserver que le meilleur de ce qu’il est convenu d’appeler le progrès.

                                                                                                                                        Sabine et Xavier Campion

 

 

 

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Un commentaire

  • Le 3 mars 2019 Furon a écrit :

    Merci pour cet article. Il relate absolument ce que j ai entendu et compris hier.

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